Éditorial LifeMe2019

La “médecine Lifestyle”, une alternative valable pour une médecine trop technologique

Bonne nouvelle: Nous vivrons tous plus longtemps!

Nous ne mourrons plus souvent de maladies infectieuses, mais à l’avenir les maladies chroniques l’emporteront finalement: plus de 70%  des décès seront le résultat de maladies chroniques non transmissibles.

Cependant, un problème majeur est que notre société, et en particulier le secteur des soins de santé, est encore souvent basé sur un modèle de maladie qui se contente de ce que les problèmes soient traités avec des médicaments et des technologies de pointe.

Une nouvelle étude du Centre international de recherche sur le cancer vient de montrer que de nombreux cancers sont évitables. Il est bon que cela soit à nouveau précisé, mais en fait, nous savons depuis longtemps que la plupart des troubles chroniques peuvent être évités en grande partie. Selon une étude publiée dans Science, la plupart des autres affections chroniques sont également évitables grâce à des adaptations de notre manière de vivre.

Les maladies cardiovasculaires (qui restent la cause principale de décès) peuvent être prevenues dans 8 cas sur 10 et 90 % des cas de diabète de type 2 peuvent être évités. Bien sûr, nous mourrons tous tôt ou tard, mais cette considération ne doit pas nécessairement conduire au fatalisme. Le mode de vie joue un rôle majeur et même si vous êtes porteur de certains gènes à risque, la manière de vivre peut réduire le risque de maladie et améliorer votre qualité de vie. La manière de vivre sainement est basée sur différents éléments, tels que le régime alimentaire et l’exercice physique, mais également sur la façon dont nous faisons face au stress, au sommeil, au soutien social, au bien-être et l’environnement.

Tout le monde a une responsabilité à assumer à tous les niveaux, mais nous devons nous garder de culpabiliser les gens. Tout d’abord, on peut mener une vie saine et malgré tout tomber malade. Notre comportement est également largement déterminé par l’environnement dans lequel nous vivons. Ce n’est donc pas un hasard si les groupes vulnérables (personnes démunies, prisonniers,…) vivent en général en mauvaise santé et souffrent davantage de maladies chroniques que les personnes de rang élevé occupant un emploi passionnant, bien rémunéré.

Ceci dit, nous voulons plaider en faveur de trois ajustements concrets
dans notre manière de vivre comme “medicaments appropriés…

Premièrement, il faut faire prévaloir cette médecine de l’art de vivre à une médecine plus technique qui fontionne principalement avec des médicaments et de la chirurgie. Des activités banales telles que la marche d’ une demi-heure par jour, les techniques de relaxation comme le yoga et la méditation, la prise d’aliments frais composés pricipalement de fruits et de légumes, et, à ne pas sousestimer, les bonnes relations sociales, sont un moyen efficace de prévenir des maladies chroniques et même dans certains cas, de réduire ou d’ “inverser” la maladie (comme cela se produit de plus en plus avec le diabète de type 2).

La recette du Dr Ornich: “Mange bien, fais plus d’exercice physique, évite le stress, et aime plus “ semble ridiculement simple, mais étude après étude prouve que ce “traitement” fonctionne souvent mieux que la médecine de pointe invasive de haute technologie dont les coûts deviennent progressivement insoutenables.

Deuxièmement, le gouvernement devrait intensifier ses efforts de faciliter les options saines. Fumer en est une belle illustration: Les milliers de fumeurs (et de fumeurs passifs!) qui mouraient chaque année avaient souvent commencé de fumer à cause de la publicité omniprésente et, malgré toutes les preuves scientifiques, des groupes de pression avaient été mis en place pour promouvoir la vente et la consommation de tabac. Nous ne devrions pas stigmatiser les fumeurs, mais les messures des autorités aident à réduire le nombre de décès. Dans le domaine de l’alimentation également, les consommatuers ont été manipulés par le lobbying des produits malsains et la recherche scientifique. Par contre, les mesures gouvernementales, telles que la réduction progressive de la teneur en sel des aliments, ont eu des effects bénéfiques importants sur la santé publique.

 

Malheureusement, cette politique nécessite parfois des mesures impopulaires telles que l’interdiction de fumer, la limitation des lits de bronzage, les taxes sur les produits malsains et la limitation de la pollution de l’air par les poêles à bois et la non-subvention des produits malsains comme le kérosène.

A vrai dire, personne n’aime ces mesures drastiques, mais la seule question est de savoir à quel prix il est permis de ne pas prendre de telles mesures?

Un troisième moyen concret de lutter contre les troubles chroniques pourrait être le remboursement des frais de santé. Jusqu’à présent, l’assurance maladie est les soins de santé sont encore trop souvent basés sur le principe du remboursement des frais et des mesures visibles. Souvent, les symptômes sont traités avec des médicaments et lorsque le patient demande au médecin: “A quelle fréquence et combien de temps dois-je prendre ce médicament?” la réponse est souvent:” Tous les jours, pour le reste de votre vie.”

Les adaptations de notre manière de vivre sont dans de nombreux cas une meilleure alternative: Elles coûtent moins cher, sont efficaces et fonctionnent sur le mécanisme fondamental de notre santé, ce qui nous permet de nous sentir en meilleure santé et de nous sentir mieux. Nous n’entendons pas du tout vouloir abandonner le plaisir et la joie de vivre. Bien au contraire, les activités banales comme la marche à pied, la détente, cuisiner avec des ingredients frais, se donner du temps pour soi-même ( le “me-time”)et son entourage sont tout à fait appropriées.

De plus en plus de personnes font consciemment de tels choix, mais malheureusement, cela n’est pas possible pour chacun, notamment pour des raisons financières. Pourtant beaucoup de gens le veulent et les patients qui suivent des programmes de modes de vie combinés comme Dean Ornish, semblent maintenir remarquablement bien. Par ailleurs, la fidélité face à de telles thérapies est beaucoup plus grande qu’ une prescription de médicaments ou de régimes.

N’est-il pas grand temps d’investir dans ce genre de traitements plutôt que dans des médicaments onéreux et principalement orientés sur les symptômes qui nous font lutter sans résultat positif avant de devenir fatal? Et les médecins traitants, ne devraient-ils pas plutôt prescrire une autre manière de vivre comme traitement initial? La recherche montre également que chaque euro investi de cette manière génère le double en économies. Un bon exemple serait de “passer sur ordonnance”. Dans une étape suivante on pourrait rembourser le coût des interventions dans le style de vie guidées qui ont prouvé leur utilité et qui s’avèrent rentables à relativement court terme. 8 des 10 principaux “médicaments” remboursés par l’INAMI sont indiqués pour corriger un mode de vie malsain. Il est donc grand temps, que les programmes d’études de médecine accordent plus d’attention à  “la médecine Lifestyle”.

On entrevoit déjà quelques pas dans la bonne direction. L’année passée, une conférence intitulée “Lifestyle as Medecine” (ou tout simplement LifeMe) à la VUB a attiré un large public. D’autres signaux proviennent de la Mutualité Chrétienne, par exemple , qui est passée d’ une caisse d’assurance maladie à une caisse “assurance santé”.

Bref, un changement s’annonce et il peut compter sur une sympathie croissante.

Finalement, les recherches dans le domaine de la médecine Lifestyle mériteraient également davantage de soutien. Il y déjà 20 ou 30 ans, des études ont été publiées qui montraient que des changements dans la manière de vivre permettraient de lutter contre les maladies cardiovasculaires potentiellement mortelles, voire certaines formes de cancer (cancer de la prostate au stade précoce). De pareils résultats prometteurs méritent davantage de recherche, mais le principe d’un mode de vie sain ne se soumettrait ni au brevetage, ni à la vente. Par conséquent,  il appartient aux autorités d’y investir de l’argent. Pour promouvoir une telle vision, les soussignés (chercheurs, fournisseurs de soins de santé et experts de l’expérience) demandent que l’on investisse davantage dans la médecine Lifestyle.


Les temps en sont propices!

Pour promouvoir la vision ci-dessus, les soussignés (chercheurs, fournisseurs de soins de santé et experts de l’expérience) demandent que l’on mette davantage dans le “mode de vie en tant que médicament”.

Le temps est mûr!

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Votre confirmation sera acceptée avec reconnaissance.

Reginald Deschepper, anthropologue médical, VUB

Christel Fontaine, oncologue, UZ Bruxelles

Nancy Gheysens, MSc

Hendrik Cammu, gynécologue, UZ Bruxelles

Dirk Van Giel, expert d’expérience diabète de type 2 et obésité

Yannick Pots, Jurist

Julie Vanderlinden, scientifique de la santé, KULouvain

Marie D’Hooghe, neurologue, VUB

Charlotte Potsexperte d’expérience diabète de type 1

Stefaan Sixanthropologue médical, VUB

Yala Deschepper, infirmière sociale

Judith Niekel-Sjoerds, psychologue de la vie

Steven Laureys, professeur clinique Sart Tielman Liège University Hospital

Angelique Pollen, coach de vie, fournisseur TRE

Jean-Marie Ryon,

Pia Cox,

Marie-Hélène DEPLOIGE,

Rita D’Hont, ex patient cancer et ex patient cardiaque

Marc Van der Meeren,

Myriam Claeys / SOLAAS, psychologue, dermatologue

Dr. Bert Lefevre, docteur “Médecine fonctionnelle”

Eveline Colpaert,

Dylan Callens,

Renaat Seurynckdocteur

Nina Watté, étudiante en radiologie

Elisabeth De Wachter,

Sabine MARICHAL, docteur, Chef de service Onco- Hematologie

Veerle Pauly, Equine Assisted coach

Crien Heyde,

Peter Vanden BERGHE,

Hendrik Cortens,

Lies Nijs,

Nancy Everaerts,

Isabel Dobbelaere,

Yorka Trappeniers,

Marieke Janssen,

Mariella Debille,

Longrée Robert,

Koen Rowies,

Kris Permentier,

Marieke Schelkekens,

Nathalie Bernheim, Médecin-spécialiste,

Defraeye Nicky, body-mind-nutrition coach,

Roger Van Dycke,

Suys Els, Gérontologue, administration WZC Residentie Het Prieelshof

Kriger Dominique,

Daniel Verbruggen-Ibens,

Carl Onghena,

Ann Tilman, guide nature et foresterie

Beatrix Delvaux,

Liza Musch, Gérontologue et Drs en Sciences Médicales

Marleen Lemmens